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Mon enfant est maladroit : quand faut-il s'inquiéter ?

il y a 7 jours
12 min de lecture

Chutes fréquentes, gestes imprécis, difficultés à s'habiller ou à participer aux activités sportives… Comprendre la maladresse chez l'enfant, son développement et les signes qui peuvent nécessiter un accompagnement.



Introduction : « Mon enfant est toujours maladroit, est-ce normal ? »


« Il tombe tout le temps, même lorsqu'il marche tranquillement. »


« Il renverse régulièrement son verre et fait tomber ses affaires. »


« Il n'arrive pas à faire du vélo alors que ses camarades savent déjà en faire. »


« Il est très lent pour s'habiller et semble toujours en difficulté avec ses gestes. »


Ces remarques reviennent fréquemment dans le quotidien des familles.


La maladresse fait partie du développement de l'enfant. Apprendre à maîtriser son corps, coordonner ses mouvements, ajuster sa force ou anticiper un obstacle demande du temps et de nombreuses expériences.


Cependant, lorsque les difficultés persistent, se retrouvent dans plusieurs activités ou commencent à avoir des conséquences sur l'autonomie, la scolarité ou la confiance en soi, il peut être utile de s'y intéresser davantage.


Un enfant maladroit n'est pas nécessairement un enfant présentant un trouble.


L'essentiel est de comprendre pourquoi certaines activités lui demandent davantage d'efforts et comment l'accompagner sans le mettre en échec.



1. Pourquoi les enfants sont-ils parfois maladroits ?


Pour réaliser un geste qui nous paraît simple, notre cerveau doit coordonner de nombreuses informations.


Prenons l'exemple d'un enfant qui souhaite attraper un ballon.


Il doit repérer la trajectoire du ballon, évaluer sa vitesse, anticiper son arrivée, ajuster la position de son corps, coordonner ses bras et ses mains, puis adapter sa force au moment de la réception.


Toutes ces opérations se déroulent en quelques secondes.


La coordination motrice repose notamment sur plusieurs compétences.



La motricité globale


Elle concerne les mouvements impliquant l'ensemble du corps : marcher, courir, sauter, grimper, pédaler ou maintenir son équilibre.


La motricité fine


Elle correspond aux mouvements plus précis, notamment ceux des mains et des doigts : manipuler de petits objets, utiliser des couverts, boutonner un vêtement ou découper.


L'équilibre et le contrôle postural


Pour réaliser un mouvement précis, l'enfant doit être capable de stabiliser son corps.

Un équilibre encore immature peut rendre certaines activités plus difficiles.


La coordination entre les différentes parties du corps


Courir, faire du vélo ou attraper un ballon demande de coordonner plusieurs segments corporels.


Certains mouvements nécessitent également une bonne coordination entre les deux côtés du corps.


La planification motrice


Avant de réaliser une action, l'enfant doit pouvoir organiser les différentes étapes nécessaires à sa réalisation.


Par exemple, enfiler un manteau nécessite d'orienter correctement le vêtement, de positionner ses bras et d'enchaîner plusieurs mouvements.


Les informations sensorielles

La vision, le système vestibulaire, impliqué dans l'équilibre, et la proprioception, qui renseigne sur la position du corps, contribuent à l'ajustement des mouvements.


La coordination résulte donc d'un fonctionnement complexe.


Un enfant peut comprendre parfaitement ce qu'on lui demande, tout en rencontrant des difficultés pour réaliser le geste attendu.



2. Comment évolue la coordination motrice selon l'âge ?


Le développement moteur se construit progressivement, grâce à la maturation neurologique, aux expériences corporelles et aux occasions de pratiquer.

Voici quelques repères généraux.


Âge

Motricité globale et équilibre

Coordination et gestes du quotidien

2 à 3 ans

Court, commence à sauter à pieds joints, franchit de petits obstacles.

Manipule des objets, utilise progressivement la cuillère, participe à l'habillage.

3 à 4 ans

Monte les escaliers avec davantage d'aisance, pédale sur un tricycle, améliore son équilibre.

Construit, dessine, commence à utiliser des ciseaux adaptés et participe davantage à son habillage.

4 à 5 ans

Saute sur un pied, améliore ses réceptions et ses changements de direction.

Manipule des objets plus petits, découpe avec davantage de précision, commence à maîtriser certains boutons.

5 à 6 ans

Coordonne mieux la course, les sauts et les jeux de ballon.

Gagne en précision dans le dessin, les constructions et les gestes d'autonomie.

6 à 8 ans

Développe ses capacités dans les jeux collectifs, le vélo et les activités sportives.

Améliore sa rapidité, sa précision et l'organisation des gestes scolaires et quotidiens.

8 à 10 ans

Affine l'équilibre, l'anticipation et la coordination dans des activités plus complexes.

Automatise progressivement de nombreux gestes et gagne en efficacité dans les activités manuelles.

Ces repères sont indicatifs. Ils ne constituent pas des seuils diagnostiques et doivent être interprétés en tenant compte des expériences et des occasions d'apprentissage de chaque enfant.


Certains enfants apprennent rapidement à faire du vélo, tandis que d'autres ont besoin de davantage d'entraînement.


Certains sont très à l'aise dans les activités sportives mais moins habiles avec les petites manipulations.


Ces différences sont habituelles.


Ce qui mérite davantage d'attention n'est donc pas uniquement l'âge d'acquisition, mais aussi la progression de l'enfant, les efforts nécessaires pour réaliser une activité et les conséquences des difficultés dans sa vie quotidienne.



3. Pourquoi certains enfants tombent-ils plus souvent que d'autres ?


Les chutes sont fréquentes pendant l'enfance, particulièrement lorsque les enfants découvrent de nouvelles possibilités motrices.


Un enfant qui apprend à courir, grimper ou sauter doit progressivement ajuster son équilibre et ses réactions posturales.


Mais plusieurs facteurs peuvent également influencer la fréquence des chutes.


Un équilibre encore en développement : l'enfant peut avoir des difficultés à stabiliser son corps lorsqu'il change rapidement de direction.


Une coordination motrice fragile : les mouvements des jambes, du tronc et des bras peuvent manquer de synchronisation.


Une attention fluctuante : un enfant absorbé par son environnement peut ne pas anticiper certains obstacles.


Une impulsivité importante : il peut se lancer dans une activité avant d'avoir suffisamment évalué la situation.


Des difficultés visuelles ou d'autres problèmes médicaux : ils peuvent également perturber les déplacements et doivent être recherchés lorsque cela est nécessaire.


Il est important de distinguer un enfant qui tombe parce qu'il explore activement son environnement d'un enfant qui rencontre des difficultés répétées dans des situations pourtant familières.



Quand les chutes doivent-elles attirer l'attention ?


Une consultation médicale est particulièrement indiquée lorsque :


  • Les chutes sont très fréquentes et persistent malgré l'expérience.

  • L'enfant semble avoir beaucoup plus de difficultés que ses camarades dans les activités motrices habituelles.

  • Il évite de courir, grimper ou participer aux jeux.

  • Il présente une démarche inhabituelle.

  • Les difficultés s'accompagnent de douleurs, de faiblesse ou d'une fatigue anormale.

  • Son équilibre ou sa marche se dégrade.


Une apparition brutale de troubles de l'équilibre, une perte de capacités motrices ou une faiblesse nouvelle nécessite une évaluation médicale rapide.



4. Quand la maladresse devient-elle une véritable difficulté ?


Tous les enfants peuvent renverser un verre, trébucher ou avoir besoin d'aide pour s'habiller.

Ce qui doit attirer l'attention, c'est l'association de plusieurs éléments.


Des difficultés persistantes


L'enfant rencontre régulièrement les mêmes obstacles malgré les occasions de pratiquer.

Par exemple, il peine toujours à attraper un ballon ou à manipuler certains objets alors qu'il s'entraîne depuis longtemps.


Des difficultés dans plusieurs environnements


Les observations se retrouvent à la maison, à l'école, pendant les activités sportives ou dans les loisirs.


Un retentissement sur l'autonomie


L'enfant met beaucoup de temps à s'habiller, manger proprement, organiser ses affaires ou réaliser certaines tâches quotidiennes.


Une fatigue importante


Certains gestes demandent un effort de concentration et de contrôle moteur considérable.

L'enfant peut alors se fatiguer rapidement ou éviter certaines activités.


Des conséquences émotionnelles


Il peut commencer à dire :


« Je suis nul en sport. »

« Je n'y arrive jamais. »

« Je préfère ne pas essayer. »


La difficulté motrice peut progressivement devenir une difficulté de confiance en soi.


C'est pourquoi il est important de ne pas réduire la maladresse à un simple manque d'attention ou de bonne volonté.



5. Et si c'était un trouble développemental de la coordination ?



Le trouble développemental de la coordination (TDC) est un trouble du neurodéveloppement qui affecte l'acquisition et l'exécution des compétences motrices coordonnées.


Le terme dyspraxie est également fréquemment utilisé, même si le TDC correspond à la terminologie diagnostique actuelle.


Il concernerait environ 5 à 6 % des enfants d'âge scolaire.


Les manifestations sont variables.


Certains enfants présentent surtout des difficultés de motricité globale, tandis que d'autres rencontrent davantage de difficultés dans les gestes fins ou les activités de la vie quotidienne.



Comment peut-il se manifester ?


Un enfant présentant un TDC peut notamment :


  • Avoir des difficultés à apprendre à faire du vélo.

  • Peiner à attraper ou lancer un ballon.

  • Rencontrer des difficultés avec les couverts.

  • Être lent pour s'habiller.

  • Avoir du mal à organiser certains gestes.

  • Rencontrer des difficultés en géométrie ou dans les activités graphiques.

  • Éviter les activités sportives ou manuelles.

  • Avoir besoin de nombreuses répétitions pour acquérir un geste.


Le TDC ne correspond pas à un manque d'intelligence, de motivation ou d'éducation.


L'enfant peut parfaitement comprendre la tâche demandée sans parvenir à l'exécuter avec la précision ou la rapidité attendue.



Comment est établi le diagnostic ?


Le diagnostic repose sur plusieurs éléments : des difficultés motrices significatives, un retentissement sur les activités quotidiennes, une apparition pendant le développement et l'absence d'une autre affection expliquant mieux ces difficultés.


Il nécessite une évaluation médicale et, selon la situation, des bilans complémentaires.

Le bilan psychomoteur peut contribuer à objectiver les difficultés de coordination et à préciser leurs conséquences fonctionnelles.


Un bilan psychomoteur ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic médical de TDC.


Il est également important de rappeler qu'un enfant maladroit ne présente pas automatiquement un TDC.



6. Quel rôle joue la confiance en soi dans les difficultés motrices ?


C'est une dimension parfois sous-estimée.


Lorsqu'un enfant rencontre régulièrement des difficultés dans ses gestes, il peut accumuler des expériences d'échec.


À l'école, il peut être le dernier à terminer une activité manuelle.


En sport, il peut avoir du mal à suivre ses camarades.


À la maison, il peut entendre régulièrement :


« Fais attention ! »

« Tu as encore tout renversé ! »

« Dépêche-toi ! »


Même lorsque ces remarques ne sont pas prononcées avec une mauvaise intention, leur répétition peut influencer l'image que l'enfant construit de ses propres capacités.


Certains enfants finissent par éviter les situations dans lesquelles ils risquent d'échouer.


Ils participent moins, s'entraînent moins et disposent donc de moins d'occasions de progresser.


Un cercle difficile peut progressivement s'installer.


L'accompagnement doit donc prendre en compte les compétences motrices, mais également le plaisir de bouger, la motivation et la confiance en soi.


7. Comment aider un enfant maladroit à la maison ?



L'objectif n'est pas de multiplier les exercices ni de transformer chaque moment de la journée en séance de rééducation.


Il s'agit plutôt de proposer des expériences adaptées, agréables et suffisamment répétées pour favoriser les apprentissages.



Favoriser les parcours moteurs


Avec des coussins, des cerceaux, des tunnels ou de petits obstacles, il est possible de créer un parcours à la maison.


L'enfant peut marcher sur une ligne, enjamber un objet, ramper, contourner un obstacle ou sauter dans un cerceau.


Ces activités sollicitent notamment l'équilibre, la coordination et l'organisation des mouvements.



Jouer avec des ballons


Commencer avec un gros ballon léger, plus facile à suivre et à attraper.


Puis proposer progressivement des ballons plus petits, des lancers à différentes distances ou des jeux de précision.


L'important est d'adapter la difficulté pour permettre à l'enfant de réussir.



Encourager les activités de construction


Les Lego, Kapla, puzzles et jeux d'assemblage sollicitent la coordination œil-main, la précision gestuelle et l'organisation spatiale.



Participer aux activités quotidiennes


Mettre la table, cuisiner, verser de l'eau, fermer une boîte, ranger des objets ou s'habiller sont de véritables occasions d'apprentissage.


Ces situations permettent de travailler des compétences directement utiles dans la vie quotidienne.



Apprendre un geste étape par étape


Pour une activité difficile, il peut être utile de :


  1. Montrer le geste lentement.

  2. Le décomposer en petites étapes.

  3. Laisser l'enfant essayer.

  4. Donner une consigne simple à la fois.

  5. Répéter régulièrement, sans pression.

  6. Valoriser les progrès, même modestes.


Les recherches sur le TDC montrent notamment l'intérêt des interventions centrées sur l'apprentissage des tâches concrètes que l'enfant souhaite ou doit réaliser.


L'entraînement doit donc rester adapté à ses besoins réels.



8. Quels jeux et matériels peuvent être intéressants ?


Il n'est pas nécessaire d'investir dans du matériel coûteux.

Voici quelques supports utiles selon l'âge et les difficultés rencontrées.

Matériel ou activité

Compétences sollicitées

Ballons souples de différentes tailles

Coordination œil-main, anticipation, ajustement des gestes

Cerceaux et plots

Équilibre, coordination globale, organisation spatiale

Draisienne ou vélo adapté

Équilibre dynamique, coordination, confiance motrice

Pâte à modeler

Manipulation, force et précision des mains

Jeux de construction

Coordination fine, organisation et précision

Jeux de quilles

Visée, dosage de la force, coordination

Parcours avec coussins

Ajustements posturaux et équilibre

Activités de cuisine

Coordination bimanuelle, autonomie, planification


Ces activités peuvent soutenir le développement moteur, mais elles ne remplacent pas un accompagnement ciblé lorsque des difficultés importantes sont présentes.


Le meilleur matériel reste celui qui correspond aux capacités, aux centres d'intérêt et aux besoins de l'enfant.



9. Comment accompagner un enfant maladroit à l'école ?



Les difficultés motrices peuvent avoir des conséquences importantes sur la scolarité.


Un enfant peut comprendre une consigne mais rencontrer des difficultés pour la réaliser matériellement.


Il peut, par exemple, connaître la réponse à un exercice tout en étant ralenti par le découpage, la manipulation d'une règle ou l'organisation de son matériel.


Quelques adaptations peuvent être utiles.



Accorder davantage de temps


Certaines activités motrices ou graphiques nécessitent un temps d'exécution plus important.



Limiter les doubles tâches


Écouter une consigne tout en manipulant du matériel peut être particulièrement coûteux pour certains enfants.


Il peut être préférable de présenter les étapes successivement.



Adapter le matériel


Selon les besoins, des outils facilitant la manipulation, une meilleure installation ou des supports simplifiés peuvent être proposés.



Valoriser la participation


En éducation physique, l'objectif est de permettre à l'enfant de participer, de progresser et de prendre du plaisir.


Des règles ou des modalités d'exercice peuvent être adaptées afin d'éviter les situations répétées d'échec.



Éviter les remarques dévalorisantes


La maladresse ne doit pas être interprétée systématiquement comme de la négligence ou un manque d'effort.


Une collaboration entre la famille, l'enseignant et les professionnels qui accompagnent l'enfant permet d'identifier les adaptations les plus pertinentes.



10. Quand consulter un psychomotricien ?


Un bilan psychomoteur peut être intéressant lorsque les difficultés de coordination sont persistantes ou entraînent une gêne dans la vie quotidienne.


Il peut notamment être proposé lorsque l'enfant :


  • Tombe fréquemment dans des situations ordinaires.

  • Rencontre des difficultés importantes dans les jeux de ballon.

  • Évite certaines activités physiques.

  • Présente une lenteur inhabituelle dans l'habillage ou les manipulations.

  • Rencontre des difficultés de coordination entre ses deux mains.

  • Se fatigue rapidement lors d'activités motrices.

  • Présente une maladresse qui affecte sa confiance en lui.


Le bilan psychomoteur permet d'explorer différentes fonctions selon l'âge et les besoins de l'enfant :


Le tonus : comment l'enfant régule-t-il ses tensions musculaires ?


L'équilibre : comment maintient-il sa stabilité, à l'arrêt et en mouvement ?


La coordination globale : comment organise-t-il ses déplacements, ses sauts ou ses lancers ?


La motricité fine : comment manipule-t-il les objets et ajuste-t-il ses gestes ?


Le schéma corporel : comment connaît-il et utilise-t-il son corps ?


L'organisation spatiale : comment se repère-t-il et organise-t-il ses mouvements dans l'espace ?


La planification motrice : comment prépare-t-il et enchaîne-t-il les gestes nécessaires à une activité ?


Des outils standardisés, notamment le MABC-2, peuvent contribuer à l'évaluation des compétences motrices.


L'objectif est de mieux comprendre le profil psychomoteur de l'enfant, d'identifier ses points d'appui et ses fragilités et de déterminer si un accompagnement est pertinent.


Selon les observations, une orientation médicale ou vers d'autres professionnels peut également être recommandée.



11. Le regard de la psychomotricienne


Dans ma pratique, il me paraît essentiel de rappeler qu'un enfant maladroit n'est pas un enfant qui ne fait pas suffisamment attention ou qui ne fournit pas assez d'efforts.


Derrière un geste qui semble simple, il peut exister de véritables difficultés d'organisation, de coordination ou d'ajustement moteur.


Lors d'un bilan psychomoteur, je ne m'intéresse donc pas uniquement à la réussite ou à l'échec d'une activité.


J'observe également la manière dont l'enfant s'y prend, les stratégies qu'il utilise, les efforts qu'il fournit, sa fatigabilité et les réactions émotionnelles qui accompagnent ses expériences.


Un enfant peut parfois réussir une tâche, mais au prix d'un effort considérable.


À l'inverse, une difficulté ponctuelle ne signifie pas nécessairement qu'un trouble est présent.


L'essentiel est de comprendre le fonctionnement de chaque enfant dans sa globalité.


La prise en charge psychomotrice peut alors viser à développer certaines compétences motrices, à soutenir les apprentissages gestuels et à renforcer la confiance dans ses possibilités corporelles.


Il est tout aussi important de préserver le plaisir de bouger, de jouer et d'expérimenter.


Car un enfant qui ose essayer, même lorsqu'il rencontre des difficultés, conserve de précieuses occasions d'apprendre.



12. Pour conclure



La maladresse fait partie du développement de nombreux enfants.


Tomber, renverser un objet ou avoir besoin de davantage de temps pour apprendre un geste ne signifie pas nécessairement qu'un trouble est présent.


Cependant, lorsque les difficultés persistent, concernent plusieurs activités ou commencent à limiter l'autonomie et la participation de l'enfant, elles méritent d'être prises en considération.


L'objectif n'est pas de comparer les performances de l'enfant à celles de ses camarades, mais d'observer sa progression et de comprendre les éventuels obstacles qu'il rencontre.


Le jeu, le mouvement, les expériences du quotidien et les encouragements constituent des éléments importants pour soutenir son développement.


Et lorsqu'un accompagnement est nécessaire, celui-ci doit permettre à l'enfant de progresser tout en préservant sa confiance en lui.


Parce qu'un enfant maladroit n'est pas un enfant incapable. C'est parfois simplement un enfant qui a besoin de plus de temps, d'autres stratégies ou d'un accompagnement adapté pour exprimer pleinement ses capacités.



Références scientifiques et institutionnelles


. INSERM (2019). Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie : expertise collective.Institut national de la santé et de la recherche médicale. Synthèse scientifique sur le repérage, l'évaluation, le diagnostic et les interventions concernant le TDC.

. Blank, R., Barnett, A. L., Cairney, J., et al. (2019). International clinical practice recommendations on the definition, diagnosis, assessment, intervention, and psychosocial aspects of developmental coordination disorder.Developmental Medicine & Child Neurology, 61(3), 242–285.DOI : 10.1111/dmcn.14132.

. Haute Autorité de Santé (2020). Troubles du neurodéveloppement : repérage et orientation des enfants à risque.Recommandations de bonne pratique sur l'identification des difficultés développementales et l'orientation précoce.

. Société canadienne de pédiatrie (2021). L'évaluation, le diagnostic et la prise en charge du trouble développemental de la coordination.Recommandations cliniques concernant l'évaluation médicale, les difficultés associées et l'accompagnement.

. CanChild – McMaster University. Developmental Coordination Disorder: Overview and Management.Ressources scientifiques et pratiques sur le TDC, la participation aux activités physiques et les adaptations à la maison et à l'école.

. Assurance Maladie. Troubles spécifiques du langage, de la coordination et des apprentissages.Informations destinées aux professionnels de santé concernant le repérage et l'orientation des enfants présentant des difficultés de coordination.



Cet article est destiné à informer les familles et ne remplace pas une consultation médicale ou une évaluation individuelle. Les repères d'âge sont indicatifs et doivent toujours être interprétés dans le contexte du développement global de l'enfant.


Article rédigé par Yolène Auzoles, psychomotricienne D.É

 
 
 

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